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Lire une étiquette alimentaire

Guide publié le par AG et JC 10 min de lecture
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Entre les mentions « riche en protéines », « sans sucres ajoutés », « naturel », les longues listes d’ingrédients et les tableaux remplis de chiffres, l’étiquette d’un produit alimentaire peut vite devenir difficile à décrypter.

Pourtant, quelques informations suffisent souvent pour se faire une bonne idée de ce que contient réellement un produit.

Liste des ingrédients, allergènes, additifs, valeurs nutritionnelles, quantité de sucre, de sel ou encore dates de consommation : apprendre à lire une étiquette permet de mieux comparer les aliments et de choisir en connaissance de cause, sans avoir besoin de passer plusieurs minutes devant chaque paquet.

Voici les éléments à regarder en priorité.

Table of Contents

Que trouve-t-on sur une étiquette alimentaire ?

Pour les aliments préemballés, différentes informations doivent apparaître sur l’emballage : notamment la dénomination du produit, la liste des ingrédients, les allergènes, la quantité nette, la date de consommation lorsqu’elle est requise, les éventuelles conditions particulières de conservation ainsi que, pour la majorité des produits concernés, la déclaration nutritionnelle.

Toutes ces informations n’ont cependant pas la même utilité lorsqu’il s’agit de choisir entre deux produits.

Pour aller à l’essentiel, regardez en priorité :

  1. le nom exact du produit ;

  2. la liste des ingrédients ;

  3. les premiers ingrédients de cette liste ;

  4. les allergènes et les additifs éventuels ;

  5. les valeurs nutritionnelles pour 100 g ou 100 ml ;

  6. la DLC ou la DDM.

Avec ces six réflexes, vous avez déjà une vision beaucoup plus précise de ce que vous achetez.

Commencez par le vrai nom du produit

Le nom écrit en très gros sur le devant de l’emballage n’est pas toujours l’information la plus intéressante.

Les fabricants utilisent naturellement des noms, des illustrations et des arguments destinés à mettre leurs produits en valeur. Cherchez plutôt la dénomination exacte de la denrée alimentaire.

Par exemple, deux produits dont les emballages semblent très proches peuvent correspondre à des préparations différentes.

Cette dénomination permet donc de savoir ce que vous achetez réellement, avant même d’étudier sa composition.

Regardez la liste des ingrédients

C’est probablement la partie la plus instructive de l’étiquette.

Les ingrédients sont indiqués par ordre décroissant de poids : le premier ingrédient est donc celui qui était présent en plus grande quantité au moment de la fabrication, puis vient le deuxième, et ainsi de suite.

Un exemple très simple

Imaginons deux biscuits.

Biscuit A : Farine de blé, sucre, huile de tournesol, chocolat 8 %, œufs…

Biscuit B : Farine de blé, chocolat 25 %, beurre, sucre, œufs…

Les deux peuvent être vendus comme des biscuits au chocolat, mais leur composition n’est clairement pas identique.

Regardez surtout les trois premiers ingrédients

Ils permettent souvent de comprendre rapidement la structure du produit.

Si vous achetez une préparation aux légumes mais que les premiers ingrédients sont :

  • eau ;

  • amidon ;

  • huile ;

  • puis seulement légumes ;

cela mérite d’être pris en compte.

À l’inverse, une longue liste d’ingrédients ne signifie pas automatiquement qu’un produit est « mauvais ». Une recette contenant différentes épices, graines, légumes ou herbes peut parfaitement comporter de nombreux ingrédients.

La nature des ingrédients compte davantage que leur simple nombre.

Repérez les pourcentages

Lorsque certains ingrédients sont particulièrement mis en avant dans le nom, les illustrations ou la présentation d’un produit, leur proportion doit dans certaines situations être précisée.

Cette information est particulièrement utile.

Un produit portant une belle photo de fraises peut par exemple n’en contenir qu’une petite quantité.

Même chose pour :

  • le chocolat ;

  • les noisettes ;

  • les fruits ;

  • le fromage ;

  • le poisson ;

  • la viande ;

  • certains légumes.

Comparez les produits entre eux

Entre deux sauces tomates, par exemple :

Produit A : 52 % de tomates

Produit B : 84 % de tomates

Cette seule information peut déjà vous aider à faire votre choix.

Méfiez-vous des sucres qui changent de nom

Le sucre n’est pas toujours simplement écrit « sucre ».

Selon les produits, vous pourrez notamment trouver :

  • sirop de glucose ;

  • sirop de glucose-fructose ;

  • fructose ;

  • dextrose ;

  • maltose ;

  • miel ;

  • sirop d’agave ;

  • jus de fruits concentré.

Cela ne signifie pas que tous ces ingrédients sont identiques, mais ils contribuent tous à l’apport en sucres du produit.

C’est pourquoi il est intéressant de croiser deux informations : la liste des ingrédients pour savoir d’où viennent les sucres ; et le tableau nutritionnel pour connaître la quantité totale de sucres présente dans l’aliment.

Identifiez les additifs alimentaires

Les additifs peuvent apparaître avec leur nom ou avec un numéro précédé de la lettre E.

On peut notamment rencontrer :

  • des colorants ;

  • des conservateurs ;

  • des antioxydants ;

  • des émulsifiants ;

  • des épaississants ;

  • des stabilisants ;

  • des édulcorants.

La présence d’un additif ne signifie pas automatiquement qu’un produit est dangereux. Les additifs autorisés font l’objet d’une réglementation et leurs conditions d’utilisation sont encadrées.

En revanche, connaître leur rôle permet de comprendre pourquoi ils ont été ajoutés au produit.

Un consommateur peut également choisir de privilégier une formulation plus simple lorsqu’il existe plusieurs produits équivalents.

👉 Pour aller plus loin : consultez notre tableau des additifs alimentaires pour retrouver leur rôle et leur niveau de vigilance.

Repérez immédiatement les allergènes

En Europe, 14 catégories d’allergènes doivent faire l’objet d’une information obligatoire lorsqu’elles sont utilisées comme ingrédients, parmi lesquelles les céréales contenant du gluten, les crustacés, les œufs, le poisson, l’arachide, le soja, le lait, certains fruits à coque, le céleri, la moutarde, le sésame, les sulfites dans certaines conditions, le lupin et les mollusques.

Dans une liste d’ingrédients, ils doivent être mis en évidence, par exemple grâce à des caractères gras, une police différente ou un autre procédé permettant de les distinguer.

Vous pourrez par exemple lire :

farine de BLÉ, beurre (LAIT), ŒUFS, chocolat…

Cette mise en évidence permet de les repérer plus rapidement.

Et la mention « peut contenir des traces de… » ?

Cette indication concerne généralement un risque de présence accidentelle, par exemple lorsqu’un même atelier ou une même ligne de production manipule plusieurs allergènes.

Elle ne signifie donc pas nécessairement que l’ingrédient a été volontairement ajouté à la recette.

Pour une personne souffrant d’une allergie alimentaire, ces mentions ne doivent toutefois pas être prises à la légère.

Apprenez à lire le tableau nutritionnel

Pour la majorité des aliments préemballés concernés, la déclaration nutritionnelle indique obligatoirement :

  • la valeur énergétique ;

  • les matières grasses ;

  • dont les acides gras saturés ;

  • les glucides ;

  • dont les sucres ;

  • les protéines ;

  • le sel.

D’autres informations, comme les fibres, peuvent également être ajoutées volontairement.

Comparez toujours sur 100 g ou 100 ml

C’est l’un des réflexes les plus importants.

Les valeurs indiquées par portion peuvent être pratiques, mais la taille de la portion choisie varie d’un fabricant à l’autre.

Pour comparer objectivement deux produits, utilisez donc les valeurs données :

pour 100 g ou pour 100 ml.

Vous comparez ainsi la même quantité.

"Dont sucres" ne signifie pas "sucres ajoutés"

C’est une confusion très fréquente.

Dans le tableau nutritionnel, la ligne :

Glucides dont sucres

correspond aux sucres présents dans le produit, qu’ils soient naturellement présents ou ajoutés.

Un yaourt nature, par exemple, contient naturellement du lactose. Il peut donc afficher des sucres dans son tableau nutritionnel alors qu’aucun sucre n’a été ajouté à sa recette.

Pour savoir si du sucre a été ajouté, il faut donc également consulter la liste des ingrédients.

Regardez aussi les matières grasses saturées

La ligne « matières grasses » indique la quantité totale de lipides.

Juste en dessous, la mention :

dont acides gras saturés

permet de connaître la part des graisses saturées.

Là encore, il est préférable de ne pas juger un aliment sur ce chiffre isolément.

Une huile, des noix ou un fromage n’ont évidemment pas le même rôle dans l’alimentation qu’un biscuit ou une préparation industrielle, même si plusieurs de ces aliments peuvent être riches en matières grasses.

Une étiquette doit toujours être interprétée en tenant compte du type d’aliment et de la quantité consommée.

Ne négligez pas le sel

Le sel peut vite augmenter dans certains aliments auxquels on ne pense pas forcément.

On en retrouve notamment dans :

  • les plats préparés ;

  • les charcuteries ;

  • les sauces ;

  • certains fromages ;

  • les soupes ;

  • les biscuits apéritifs ;

  • certains pains et produits de boulangerie.

Comparer la quantité de sel pour 100 g entre deux produits similaires est donc un réflexe très simple.

Comprenez les allégations présentes sur l'emballage

“Sans sucres ajoutés”, “Riche en protéines”, “Source de fibres”, “allégé” …

Ces mentions peuvent être utiles, mais elles ne doivent pas devenir votre seul critère de choix.

"Sans sucres ajoutés"

Cela ne signifie pas nécessairement sans sucre.

Le produit peut contenir naturellement des sucres provenant, par exemple, des fruits ou du lait.

"Allégé"

Un produit peut avoir été allégé en matières grasses tout en restant riche en sucres, ou inversement.

"Riche en protéines"

Cette indication ne vous renseigne pas sur l’ensemble de la composition du produit.

La bonne méthode

Ne vous arrêtez jamais à une seule promesse écrite en gros sur le devant du paquet.

Retournez l’emballage et vérifiez la liste des ingrédients ainsi que le tableau nutritionnel.

Et le Nutri-Score ?

Le Nutri-Score peut fournir une indication synthétique permettant notamment de comparer plus rapidement certains produits d’une même catégorie.

Mais il ne remplace pas la lecture de l’étiquette.

En France, son affichage reste un dispositif volontaire sur les emballages.

Il ne vous indique notamment pas directement :

  • quels ingrédients composent le produit ;

  • quels additifs sont utilisés ;

  • la présence éventuelle d’un ingrédient que vous souhaitez éviter ;

  • la proportion d’un ingrédient mis en avant ;

  • si le produit correspond à vos préférences personnelles.

Considérez-le donc comme un indicateur supplémentaire, et non comme le résumé absolu de la qualité d’un aliment.

Vérifiez la DLC ou la DDM

Comment lire une étiquette alimentaire en 30 secondes ?

Vous n’avez évidemment pas besoin d’analyser chaque ligne de chaque produit lorsque vous faites vos courses.

Voici une méthode rapide.

Étape 1 : regardez les trois premiers ingrédients

Ils vous donnent immédiatement une bonne idée de la composition dominante du produit.

Étape 2 : vérifiez l'ingrédient mis en avant

Si vous achetez un produit « aux noisettes », « aux fruits », « au chocolat » ou « au saumon », recherchez son pourcentage.

Étape 3 : repérez les allergènes si vous êtes concerné

Ils sont normalement visuellement mis en évidence dans la liste des ingrédients.

Étape 4 : observez les additifs

Inutile de mémoriser tous les numéros E : vous pouvez utiliser notre tableau pour identifier ceux que vous ne connaissez pas.

Étape 5 : comparez les valeurs pour 100 g

Regardez notamment les sucres, les acides gras saturés et le sel lorsque ces informations sont pertinentes pour les aliments comparés.

Étape 6 : vérifiez la date et les conditions de conservation

Surtout pour les produits frais et périssables.

En moins d’une minute, vous pouvez ainsi comparer deux produits beaucoup plus efficacement qu’en vous fiant uniquement au devant de leur emballage.

Exemple : comment comparer deux produits ?

Imaginons deux céréales pour le petit-déjeuner.

Produit A

Ingrédients : céréales complètes 62 %, sucre, sirop de glucose, chocolat 5 %, huile…

Pour 100 g :

  • sucres : 24 g ;

  • fibres : 5 g ;

  • sel : 0,8 g.

Produit B

Ingrédients : céréales complètes 78 %, chocolat 8 %, sucre, noisettes…

Pour 100 g :

  • sucres : 12 g ;

  • fibres : 9 g ;

  • sel : 0,2 g.

Sans même chercher à déterminer qu’un aliment est « bon » ou « mauvais », l’étiquette permet déjà de constater que les deux produits ont des compositions très différentes.

Vous pouvez ensuite choisir selon vos goûts, vos besoins et vos habitudes alimentaires.

Une étiquette ne raconte pas tout

Lire les emballages est utile, mais il faut également éviter de transformer chaque repas en exercice de comptabilité.

Un aliment ne se résume pas :

  • à son nombre de calories ;

  • à son nombre d’ingrédients ;

  • à un additif ;

  • à son Nutri-Score ;

  • à sa quantité de sucre ou de matières grasses prise isolément.

C’est l’ensemble de l’alimentation et la fréquence de consommation qui comptent.

L’étiquette est avant tout un outil d’information : elle permet de comprendre ce que l’on achète, de comparer des produits similaires et de faire des choix plus éclairés.

À retenir

Pour décrypter rapidement une étiquette alimentaire :

  • regardez d’abord la liste des ingrédients ;

  • souvenez-vous qu’ils sont classés du plus présent au moins présent ;

  • vérifiez le pourcentage des ingrédients mis en avant ;

  • repérez les allergènes ;

  • identifiez les additifs lorsque vous souhaitez en connaître le rôle ;

  • comparez les valeurs nutritionnelles pour 100 g ou 100 ml ;

  • ne confondez pas « dont sucres » et « sucres ajoutés » ;

  • ne vous fiez pas uniquement aux arguments présents sur le devant de l’emballage ;

  • vérifiez enfin s’il s’agit d’une DLC ou d’une DDM.

Avec ces quelques habitudes, les petites lignes d’une étiquette deviennent beaucoup moins mystérieuses… et surtout beaucoup plus utiles.

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À propos des auteurs

AG

Pâtissière depuis mon plus jeune âge, je suis également une vrai tête en l’air. Heureusement que mon frère est là pour les rédiger et vous les partager ici pour régaler vos papilles !

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